Femme/fille rurale
Nos actions variées permettent aux femmes et filles, en particulier celles vivant en milieux ruraux de prendre connaissance de leurs droits afin de mieux les revendiquer en cas de leur violation.
L’accès à la terre est l’une des thématiques de sensibilisation à l’intention des femmes et des hommes et en présence des autorités coutumières et administratives des entités de notre zone d’intervention. Ceci tient au fait que ces milieux, la coutume et d’autres objets de socialisation entretenus par la communauté ont tendance à limiter la propriété foncière à l’unique homme au détriment de la femme/fille. Le non accès de la femme/fille au foncier est l’une de conséquences de la violation flagrante de son droit à l’héritage, voie unique pour les enfants de jouir des biens, y compris les champs laissés par leurs parents à leur décès, surtout le père de famille.
Les femmes et les filles ont depuis longtemps victimes de cette forme d’exclusion sans rehausser la moindre voix pour revendiquer ce droit pourtant légitime. Elles étaient peu informées ou pas du tout sur les lois s’y rapportant. Dans de nombreux cas, l’on a observé des femmes et des filles chassées de leurs domicile après le décès de leur père lorsque les héritiers (garçons) prennent cette initiative seulement ou encore qu’ils ont vendu les biens de l’héritage sans associer leurs sœurs ou leur mère.
Par ailleurs, la femme et la fille constituent le gros de la main d’oeuvre agricole dans nos villages. De ce fait, elles produisent la nourriture pour la survie des familles et de la communauté. Etant donné que l’économie rurale est basée sur la production agricole, la femme qui en est actrice de premier rang constitue ainsi le pilier incontournable de l’économie locale et nationale. Cependant, ce rôle ne lui est pas reconnu dès lors que ce travail n’est pas rémunéré d’une part, et d’autre part elle exploite les champs et concessions ne lui appartenant pas, mais plutôt aux hommes, les chefs de familles et les grands propriétaires terriens.
La sensibilisation à elle seule ne suffisant pas à elle seule pour permettre aux femmes et aux filles d’accéder à la terre, SAMWAKI a développé d’autres stratégies complémentaires. Elle a accru la diffusion des programmes interactifs sur la femme et le foncier à la radio et organisé des plaidoyers auprès des instances de décision au niveau local à l’occasion de la Journée Mondiale de la Femme rurale et lors des commémorations de la Journée Internationale de la Femme.
Le constat issu de ces activités révèle que quelle que soit le niveau de compréhension de la communauté et la réduction des cas de marginalisation de la femme en ce qui concerne l’héritage, la terre est devenue rare dans notre zone d’intervention. Elle s’achète et à prix exorbitant. Les tenants du pouvoir et les grands commerçants venant de la ville ont déjà accaparé les terres du Kivu (Surtout les territoires de Walungu, Kabare, Kalehe et Uvira), si bien que lors du décès, le paysan ne laisse rien à sa famille ou une étendue assez petite pour ses enfants. D’où la résurgence des conflits fonciers opposant les enfants d’une même famille. Ainsi, accéder à la terre au Kivu exige la disponibilité de fonds pour s’en procurer. Auprès des responsables des familles ou alors des propriétaires des grandes concessions les ayant acquises auparavant.
|