Information et communication
1. Le Club Dimitra : L’approche Club Dimitra est l’approche d’intervention de SAMWAKI
Le premier Club Dimitra a vu le jour à Mugogo en territoire de Walungu depuis 2006 par SAMWAKI dans un programme d’appui à l’autonomisation des femmes rurales pour l’émergence d’un leadership féminin par l’accès à l’information et la formation.
L’approche Clubs Dimitra a été ensuite implantée dans les huit territoires de la province ( Kabare, Kalehe, walungu, Mwenga, Shabunda, Uvira, Idjwi et Fizi) du Sud-Kivu par SAMWAKI sous l’appuie de la FAO. Suite aux succès réalisés par l’approche, SAMWAKI a été sollicité par la FAO pour répliquer son expérience dans d’autres provinces de la RDC telle que le Katanga de 2008 jusqu’en 2010, la province Orientale en 2013 mais aussi le Burundi ou SAMWAKI a formé les animateurs des clubs Dimitra toujours dans le programme d’autonomisation des femmes rurales, et a assurer la mise en place et le suivi des clubs Dimitra.
Avec son expérience de longue date dans l’autonomisation des femmes rurales et des jeunes, la mobilisation communautaire et le genre par l’approche club dimitra, SAMWAKI a été sollicité par la FAO pour former des animateurs des clubs Dimitra dans d’autres pays comme le Niger, le Sénégal, la Mauritanie, le Burundi où l’approche clubs Dimitra fait la fierté de plusieurs projets dans le cadre de la mobilisation communautaire, l’autonomisation des femmes rurales, l’éducation des adultes et le genre.
Depuis 2006 jusqu’à nos jours, le Sud-Kivu compte un total de 518 Clubs Dimitra qui ont été implantés dans les différents territoires par SAMWAKI et qui sont aujourd’hui des organisations paysanne à la base avec une autonomie dans leur administration.
NB. La première appellation était « club d’écoute », ensuite « club d’écoute communautaire » et enfin « club dimitra » du fait que l’approche était devenue internationale.
1. La collaboration avec les Radio communautaires
Des approches complémentaires à l’approche Club Dimitra pour renforcer la mobilisation communautaire, la consolidation de la paix, la cohésion sociale et le genre.
En plus de la structuration et l’accompagnement des groupements féminin et mixtes en axe de communication en vue de renforcer le travail en synergie, la mise en place des clubs dimitra dans les huit territoires ruraux de la province du Sud-Kivu, SAMWAKI a aussi une expérience avérée dans la production et la diffusion des émissions radiodiffusées. Bien avant l’implantation de sa propre station de radio communautaire, « Radio BUBUSA » installée à son siège de Mugogo en territoire de Walungu, SAMWAKI à fait recourt à la mobilisation des radios communautaires implantées dans sa zone d’intervention pour sensibiliser la communauté sur ses actions et sur différentes thématiques clefs de développement jusqu'à la mise sur pieds d’un réseau des radios communautaires rurales au Sud-Kivu « UMARCOP » pour soutenir l’action des clubs Dimitra.
SAMWAKI développe d’autres stratégies de communication et de sensibilisation telles que :
- Bubusa mural, qui est une activité de collecte des journaux publiés au niveau national, le tri des articles pertinents qui rencontrent les besoins en information des populations rurales, leur traduction en langues locales, leur affichages dans certains points des principales agglomérations et la discussion de leur contenu par les membres réunis en réunions de concertation
-La Radio Bubusa : Il s’agit de la radio communautaire qui sert d’outil de communication entre SAMWAKI et les communautés bénéficiaires de ses actions, en particulier les femmes et les jeunes regroupés au sein des clubs d’écoute communautaires dans les localités enclavées de la province.
‘’Bubusa’’ ou ‘’kububusa’’ fait allusion à un mode de communication utilisé par les femmes au moyen d’un cri aigu. Ce cri, donc le kabubuso est utilisé par les femmes filles rurales très tôt le matin ou à l’aube pour se réveiller mutuellement et exécuter le rendez-vous préalablement pris hier. Il peut s’agir de se rendre à un champ relativement éloigné de leur village, d’aller ramasser du bois en brousse, de se rendre à la messe ou participer à une cérémonie de mariage ou de naissance, etc. Il y a certaines femmes douées dans le lancement de ce cri et auxquelles leurs compagnes font toujours recours pour alerter les autres. SAMWAKI a fait sien ce mode de communication. En créant la radio Bubusa, l’organisation qui promeut le droit à la communication a voulu capaitaliser le kabubuso en le transformant en un outil de communication de masse et de sensibilisation des femmes et des hommes sur des questions spécifiques des femmes/filles rurales et du développement local.
Mise en onde depuis le 8 mars 2008, Radio Bubusa est la première chaine de radio communautaire initiée par des femmes dans la province du Sud-Kivu. Elle a bénéficié de l’appui financier et technique de la World Association for Christian Communication. Par la suite, elle a obtenu un appui de l’ambassade de Belgique en République démocratique du Congo pour l’acquisition de nouveaux équipements de haute et basse fréquence.
Pour relever le défi énergétique auquel la Radio Bubusa était confronté en ce village dépourvu de courant électrique, France Coopération internationale a octroyé à SAMWAKI une subvention lui permettant d’installer une source énergétique hybride (solaire-éolienne) à la radio pour son alimentation en énergie. Grace à cette subvention et les équipements acquis, Radio Bubusa a acquis une autonomie énergétique en devenant ainsi la première chaine de radio, si pas l’unique en République démocratique du Congo dotée de ces deux sources d’énergies propres pour son alimentation.
-Le ballet folklorique Bubusa : La chanson populaire associée à la danse folklorique constitue un moyen pour véhiculer l’information et transmettre des messages éducatifs en milieu rural. SAMWAKI a fait sien ce canal de communication en encadrant un groupe de femmes qui utilisent le chant et la danse traditionnelle en certaines circonstances /événements pour transmettre le message de paix, de développement, de plaidoyer pour revendiquer des leurs droits et le respect de leur dignité.
- Bubusa théâtre : Outre les canaux de communication ci-haut évoqués, SAMWAKI a mis en place une troupe théâtrale qui produit des sketches pour la radio et qui se reproduit en plein air dans des endroits publics en vue de véhiculer un message dont le but est provoquer un changement positif de comportement des auditrices-auditeurs et /ou spectateurs-trices.
Initiation des journalistes, les membres des clubs d’écoute communautaires sur l’utilisation des médias numériques. Il s’agit du projet intitulé : « Des solutions numériques pour réduire l’isolement physique et social des groupes défavorisés au Sud-Kivu » lancé en aout 2021. Il est soutenu financièrement par la World Association for Christian Communication à travers son programme Droit à la communication à l’ère du numérique.
Les groupes marginalisés de la communauté en province du Sud-Kivu se heurtent souvent à des limites quant à leur accès à l’information et l’utilisation de la technologie de l’information et de la communication. Ce problème se pose avec acuité chez les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap et autres groupes vivant sous le seuil de la pauvreté. Non seulement ils sont butés au manque d’infrastructures et d’équipements tels que la connexion à l’Internet, le téléphone mobile ou l’ordinateur portable, mais ceux qui en disposent ne savent pas les exploiter par manque de formation sur leur utilisation afin de s’en servir aux fins du mieux-être et du développement.
Ce problème s’est posé encore avec plus d’acuité pendant cette période de la COVID19 où, pour partager les informations, les personnes doivent se réunir à distance via le zoom, ou recourir à des technologies de l’information numériques, les réseaux sociaux en l’occurrence.. Dans les milieux ruraux en effet, il circule avec persistance des informations erronées sur la pandémie, cela en dépit des vraies informations puisées des sources officielles et médicales diffusées au quotidien par des chaines de radio locales, celles de la rue semblent prendre le devant sur ces informations objectives au profit de la désinformation, le fake news et la rumeur.
Pour aborder le problème, le projet se concentre sur une série d’activités dont le but est de faciliter l’accès aux médias numériques, former les bénéficiaires et parties prenantes sur l’usage rationnelle et la maitrise des médias numériques à travers l’ordinateur, l’Internet et le téléphone portable. Ces activités ont pour effet de contribuer à la réduction des conséquences liées au fossé numérique auquel sont confrontées les groupes marginalisés, notamment les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec handicap vivant en milieux ruraux enclavés du Sud-Kivu.
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